Présentation

Mardi 26 septembre 2006

Etant donné la crise actuelle du syndicalisme, le centenaire de la Charte d'Amiens prend une signification particulière. Cette Charte, adoptée par la CGT en 1906, affirmait les bases d'un véritable syndicalisme, indépendant du patronat, des états et des partis, et luttant à la fois pour atténuer immédiatement l'exploitation, et pour en finir avec l'exploitation (avec l'objectif de l'abolition du travail salarié).

C'est également le centenaire de l'ouvrage "Grève de masse, partis et syndicats" de Rosa Luxemburg, qui affirmait l'utilité de la grève générale, et rejetait la bureaucratisation des syndicats et leurs dirigeants permanents (il faut aussi ajouter qu'à son époque, les syndicats allemands étaient dirigés par l'aile droite du SPD - il leur manquait donc à la fois l'indépendance et la radicalité, ce qui va très souvent ensemble).

L'avenir du syndicalisme passe par le fait d'en finir avec tous les patrons, y compris ceux des appareils syndicaux.

La perspective est de reconstruire de vrais syndicats de lutte, unifiés, indépendants, qui militent pour l'émancipation et la gestion des luttes par les travailleurs eux-mêmes.

Le texte de la Charte d'Amiens :

Le Congrès confédéral d’Amiens confirme l’article 2 constitutif de la CGT : "La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat." Le Congrès considère que cette déclaration est une reconnaissance de la lutte de classe, qui oppose sur le terrain économique, les travailleurs en révolte contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression, tant matérielles que morales, mises en oeuvre par la classe capitaliste contre la classe ouvrière. Le Congrès précise par les points suivants, cette affirmation théorique.

Dans l’oeuvre revendicative quotidienne, le syndicat poursuit la coordination des efforts ouvriers, l’accroissement du mieux-être des travailleurs par la réalisation d’améliorations immédiates, telles que la diminution des heures de travail, l’augmentation des salaires, etc. Mais cette besogne n’est qu’un côté de l’oeuvre du syndicalisme : il prépare l’émancipation intégrale qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste ; il préconise comme moyen d’action la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd’hui groupement de résistance, sera, dans l’avenir, le groupement de production et de répartition, base de réorganisation sociale.

Le Congrès déclare que cette double besogne, quotidienne et d’avenir, découle de la situation de salariés qui pèse sur la classe ouvrière et qui fait à tous les travailleurs, quelles que soient leurs opinions où leurs tendances politiques ou philosophiques, un devoir d’appartenir au groupement essentiel qu’est le syndicat. Comme conséquence, en ce qui concerne les individus, le Congrès affirme l’entière liberté pour le syndiqué de participer, en dehors du groupement corporatif, à telles formes de lutte correspondant à sa conception philosophique ou politique, se bornant à lui demander, en réciprocité, de ne pas introduire dans le syndicat les opinions qu’il professe au dehors. En ce qui concerne les organisations, le Congrès déclare qu’afin que le syndicalisme atteigne son maximum d’effet, l’action économique doit s’exercer directement contre le patronat, les organisations confédérées n’ayant pas, en tant que groupements syndicaux, à se préoccuper des partis et des sectes qui, en dehors et à côté, peuvent poursuivre, en toute liberté, la transformation sociale.

Adopté par le neuvième congrès de la CGT (octobre 1906), par 830 voix pour, 8 contre et 1 abstention.

Par Rudi Dutschke - Publié dans : enluttes
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Jeudi 10 août 2006

Texte de mars 2006 :

Manif(s) du lundi 13 mars à Paris 

Un rendez-vous était prévu à 15h30 après un vote de l'AG des étudiants de la Sorbonne, AG qui s'est tenue à l'école de Médecine étant donné que la Sorbonne est toujours interdite d'accès par les CRS. Il faut ajouter que les CRS bloquent aussi une partie de la place de la Sorbonne, la rue de la Sorbonne, la rue Victor Cousin, et une partie de la rue St-Jacques - rues qui sont donc, comme la Sorbonne, totalement fermées, comme en état de siège.

Quelques centaines de lycéens du lycée Condorcet de Montreuil (93), qui avaient tenu une AG et voté la grève contre le CPE/CNE et contre la précarité, ont rejoint l'école de Médecine puis la place de la Sorbonne. Une fois des étudiants arrivés, on était à peu près 1.500 et on est partis en manif.

 

C'était assez confus puisque 2 groupes de petits chefs se disputaient sur le parcours, chacun voulant imposer le sien. En gros, une dizaine de "bureaucrates" contre une dizaine de "décompos", qui criaient "on va par là" à tour de rôle, sans chercher à expliquer quoi que ce soit, et avec des éléments refusant la discussion (dans les 2 groupes). Du coup à chaque croisement le cirque recommençait, c'était ridicule et un peu lourd, et surtout les autres manifestants n'avaient pas leur mot à dire. Finalement on a un peu tourné, passés par la rue Soufflot puis retour par le boulevard St-Michel jusqu'au boulevard St-Germain.

 

Là, on a été rejoints par d'autres étudiants et on était 3.000 ou un peu plus (et encore, les étudiants de Censier n'ont pas pu arriver car leur AG a duré trop longtemps).

On est partis vers Jussieu, puis ça a couru vers le Collège de France, que des manifestants pensaient être la Sorbonne, ou un collège normal ! A l'intérieur, 3-4 excités masqués ont commencé une mini-barricade à l'intérieur du bâtiment, complètement absurdes et désavoués par les autres présents.

La moitié de fin de la manif est alors partie finir la manif en direction de l'Assemblée Nationale (ce qui avait un sens), mais ceux qui étaient dans le Collège de France et autour ne l'ont pas su.

Les CRS sont arrivés et ont pris position devant le Collège de France, où ils n'avaient pas le droit d'entrer. Quelques uns ont lancé des trucs divers sur les CRS (sous les sifflets d'une partie des manifestants), les CRS ont balancé des gaz lacrymos et repoussé ceux qui étaient devant le Collège de France. On était alors presque un millier entre ceux qui étaient dedans et ceux qui étaient dehors. Cette partie de manif s'est finie en eau de boudin.

Par Rudi Dutschke - Publié dans : enluttes
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Dimanche 6 août 2006

Texte de mars 2006 :

Sorbonne, 10 mars 2006

Le vendredi 10 mars, vers 15 heures, nous arrivons place de la Sorbonne. Quelques centaines d'étudiants de la Sorbonne sortent d'une AG qui avait eu lieu à Paris 1 tout proche, puisqu'ils ne pouvaient pas tenir leur AG dans la Sorbonne, bloquée par des CRS. La rue de la Sorbonne était également bloquée de chaque côté par des barrières et des CRS (la rue était donc fermée).

L'AG des étudiants de la Sorbonne avait voté la grève et la libération de leur fac. Il avait été décidé d'occuper l'intersection du boulevard St-Michel et du boulevard St-Germain jusqu'à que la Sorbonne soit à nouveau accessible aux étudiants. Nous avons donc commencé à bloquer la circulation à quelques centaines, avant d'être progressivement rejoints par des étudiants de Tolbiac, Censier, Jussieu, etc., dont certains étaient venus ravitailler ceux qui occupaient déjà la Sorbonne et qui ne pouvaient pas sortir. On se retrouve au fur et à mesure à plus d'un millier.

On décide alors de se diriger vers la Sorbonne pour la reprendre, certains partant en courant vers la rue de la Sorbonne. Là, les CRS semblent un peu désorientés et surpris par notre nombre. Les barrières sont rapidement enlevées par les étudiants, puis une petite partie essaie de passer malgré la quinzaine de CRS qui bloquent la rue. Face aux coups de matraque, et bien peu allant au contact, nous avons été repoussés. Si les manifestants avaient été des "pros" de l'affrontement comme le gouvernement l'a prétendu, il est évident que le barrage aurait été franchi. Au contraire, les manifestants en étaient pour la plupart à leur premier mouvement étudiant.

Ensuite, nous sommes partis vers la rue St-Jacques où des occupants ont ouvert des fenêtres au 2e étage. Des étudiants ont lancé des sandwichs aux occupants, qui ont essayé de faire passer une échelle pour nous permettre d'entrer - tentative qui a tourné court, l'échelle étant trop courte. Les fenêtres ouvertes par les occupants ont alors été refermées par des vigiles de la Sorbonne.

Quelques uns (5-6), écharpes relevées sur le visage, ont vainement essayé de forcer une porte, sous les sifflets d'une partie des manifestants. En remontant rue St-Jacques ils ont alors vu une fenêtre au niveau du sol, qui a cédé tout de suite. Plusieurs centaines d'étudiants sont alors passés par cette fenêtre ouverte, pendant un quart d'heure. Des gendarmes mobiles ont commencé à remonter la rue St-Jacques, et nous nous sommes placés face à eux en rangs en se tenant par les bras. Les gendarmes nous ont repoussés à plusieurs reprises, mais il leur a fallu au moins une demi-heure avant de nous faire remonter toute la rue St-Jacques. Nous sommes alors retournés, par la rue Soufflot, sur le boulevard St-Michel au niveau de la place de la Sorbonne. Il était alors environ 18h.

Les occupants (dont nous n'étions pas) ont tenu une AG et décidé de résister pacifiquement à une intervention des CRS. Des étudiants qui occupaient ont dénoncé "une dizaine" d'excités, qui ont notamment lancé une échelle en direction des CRS. Il est tout de même étonnant que des étudiants fassent ça après avoir décidé d'une "résistance pacifique" ! Il s'agissait donc de personnes violentes bafouant la décision de l'AG, et qui auraient dû être maîtrisés voire sortis de la Sorbonne. Il s'agissait peut-être d'agents provocateurs, plus ou moins directement liés aux Renseignements Généraux. Aucune certitude là-dessus, mais il est certain que ce type de manipulation a déjà eu lieu par le passé.

Parmi les slogans : "C comme Chômeurs, P comme Précaires, E comme Exploités : retrait du CPE !" ; "Chirac, Villepin, Sarkozy : votre période d'essai, elle est finie !" ; "Libérons la Sorbonne !" ; "Le temps est pourri, le gouvernement aussi !" ; "CRS, de la tendresse !" ; "On veut des bisous, pas des coups !" ; "Etudiants pacifistes" ; "Pas de violence !"

Par Rudi Dutschke - Publié dans : enluttes
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Mardi 30 mai 2006

Texte de novembre 2004 :

LMD-ECTS : une réforme contre les droits étudiants

 

1- Historique :

La réforme LMD-ECTS, adoptée au niveau national en 2002 et depuis appliquée progressivement sur les universités, fait partie d’une logique plus vaste. Il faut donc pour la comprendre revenir sur les réformes - et tentatives de réformes - de ces 20 dernières années :

- 1984, loi Savary. C’est notamment l’entrée des patrons dans les Conseils d’Administration des facs. Il y a par exemple dans les CA des universités des membres du Medef et de la Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises.

Cette loi augmente également l’autonomie des universités (inaugurée par la loi Faure de 1969).

 

 

- 1986, loi Devaquet. Projet qui prévoyait l’augmentation des frais d’inscription (qui devaient passer de 100 à 400 francs), la sélection à l’entrée des facs, la fin du cadre national des diplômes. Suite aux grèves et manifestations des étudiants et des lycéens, la loi est abrogée. Un étudiant, Malik Oussekine, est tué au cours de la répression d’une manifestation.

 

 

- 1989, projet Jospin. Cette réforme prévoyait plus d’autonomie pour les facs, et la mise en place d’une barrière sélective entre 1ere et 2e année de Deug. En 1991, un mouvement étudiant obtient son retrait, mais Jack Lang passe par décret l’essentiel du projet Jospin en 1992. C’est à partir de là que les contrats quadriennaux entre les universités et l’Etat sont systématisés.

 

 

- 1994, Smic-jeunes. Le « Contrat d’Insertion Professionnelle » (CIP) permet aux patrons de payer des diplômés à bac + 2 à seulement 80% du Smic. Le projet est retiré grâce aux luttes étudiantes et lycéennes.

 

 

- 1995, rapport Laurent. Ce rapport proposait l’augmentation des frais d’inscription et la suppression des bourses. Les grèves étudiantes et lycéennes obtiennent le retrait du rapport.

 

 

- 1997, réforme Bayrou. Réforme qui met notamment en place les semestres. L’année universitaire perd donc son unité et sa cohérence pédagogique. De plus, la session de rattrapage de septembre n’est plus garantie (chaque fac décide si elle a lieu ou non).

 

 

- 1998, rapport Attali et réformes d’Allègre. Le rapport Attali préconisait déjà la mise en place du « 3/5/8 », c’est-à-dire un système où seuls existent les diplômes en 3 ans, 5 ans et 8 ans (système aujourd’hui appliqué avec le LMD). Ce rapport prévoyait aussi « la fin de la validité permanente des diplômes ». Les grèves étudiantes de novembre-décembre 1998, bien que n’atteignant pas la majorité des campus, permettent le ralentissement de certaines attaques. Allègre met tout de même en place la « loi sur l’innovation », qui permet aux profs de créer des entreprises au sein des facs !

 

 

- 1999, licences professionnelles. Parmi les mesures inspirées par le rapport Attali que Claude Allègre met en place, les licences professionnelles sont un élément fondamental : présenté comme équivalent aux licences, ce diplôme est constitué pour moitié d’un stage obligatoire. L’étudiant paie donc ses études pour occuper la place d’un salarié, mais en travaillant gratuitement ! C’est à l’opposé des missions de l’Université, mais dans le parfait intérêt du patronat.

 

 

- 2002, réforme LMD-ECTS. Jack Lang annonce en avril 2001 la mise en place des diplômes à points (ECTS). La réforme est passée par décrets et arrêtés à la fin du mois d’avril 2002. Les grèves étudiantes, à l’automne 2002 et surtout en novembre-décembre 2003, n’ont pas eu d’ampleur nationale suffisante et donc n’ont pas permis d’obtenir l’abrogation de la réforme.

 

 

2- La réforme LMD-ECTS :

D’un point de vue juridique, la réforme LMD-ECTS est constituée de deux décrets et trois arrêtés : les décrets n° 2002-481 et 2002-482 du 8 avril 2002, l’arrêté du 23 avril 2002 (« MENS0201070A »), et les arrêtés du 25 avril 2002 (« MENS0200982A » et « MENS0200984A ») (ces cinq documents sont signés par Jack Lang et Lionel Jospin). Les principaux aspects de cette réforme sont :

 

- les diplômes à points (le système « ECTS[1] »). Le but de ce nouveau système est de supprimer les diplômes que l’on obtenait en passant des examens, qui validaient un savoir acquis pendant les cours et par le travail personnel de l’étudiant. Il s’agira, une fois ce système appliqué totalement, d’accumuler des points pour avoir son diplôme, que l’on pourra obtenir en validant des cours, mais aussi par d’autres activités (la loi ne pose aucune limitation !). C’est une dévalorisation très claire de ce qu’est l’Université.

 

- Le LMD (ou 3/5/8). Il s’agit de ne garder que trois niveaux de diplômes à la fac : Licence, Master et Doctorat. Cela entraîne la disparition des Deug (qui étaient à bac+2), maîtrises (bac+4) et DEA (puisque le nouveau diplôme « master », issu du système nord-américain, le « remplace »). Il s’agit notamment de rendre l’accès à un diplôme universitaire plus ardu : le taux d’échec est déjà important pour arriver au Deug (2 ans d’études validées), cela ne peut qu’empirer pour arriver à la licence (3 ans d’études validées).

 

 

- L’annexe descriptive aux diplômes. Avant cette réforme, les diplômes de chaque matière avaient la même valeur, quel que soit l’étudiant et quelle que soit l’université (seule différence : la mention obtenue). Avec l’annexe au diplôme instaurée par la réforme LMD-ECTS, le nom de l’université est précisé dans le diplôme : avec ce système c’est la réputation de l’université qui va influer sur la valeur du diplôme ! C’est donc un système injuste, qui crée une inégalité entre ce qui était auparavant les mêmes diplômes.

De plus, avec l’application du LMD-ECTS, « les contenus de formation ne sont plus définis nationalement » (Luc Ferry, 7 octobre 2002). En effet, à cause de cette réforme il n’existe plus de maquettes nationales des diplômes : tout est défini fac par fac. Les diplômes n’ont plus de nationaux que le nom, et ils deviennent en réalité spécifiques à la fac et à la région. C’est la suppression d’un droit étudiant fondamental : l’égalité des diplômes.

 

 

Au delà de ces éléments, la réforme LMD-ECTS est une étape de plus pour toute une série d’offensives contre les droits étudiants et pour la marchandisation des universités. Voilà les principaux « chantiers » actuels, dans lesquels le LMD s’inscrit totalement :

 

- la multiplication des barrières sélectives. Depuis la fin des années 70, on est de moins en moins à la fac pour acquérir des savoirs, mais uniquement pour passer des examens (qui ont eux-mêmes perdus de leur intérêt : les dissertations de 3 ou 4 heures remplacées par des QCM, par exemple, sont une absurdité pédagogique). Aujourd’hui le DEUG disparaît, mais la barrière sélective - qui avait été instaurée à bac + 2 lors de la création du DEUG - reste, ainsi que la barrière sélective à bac + 1, qui n’a pas la moindre justification. Toute barrière sélective sans sortie diplômante est sans intérêt, sauf s’il s’agit de décourager les étudiants et de les inciter à quitter la fac.

 

- Les stages. Les stages dans le cadre des cursus universitaires n'ont de véritable intérêt que pour les patrons. D'une part, un étudiant en stage n'est pas à la fac et donc ne coûte rien, ensuite en entreprise le stagiaire occupe la place d'un salarié, mais sans être payé !

Il faut savoir que le code du travail impose que lorsqu'un salarié est embauché, l'entreprise doit le former, ce qui représente pour le patronat un coût. Le but des stages est pour les entreprises de transférer ce coût vers les étudiants, futurs salariés.

Les gouvernements répètent régulièrement qu’il faut développer les stages pour lutter contre le chômage des jeunes. Ce n’est que de la pure propagande : d’une part, s’il n’y a qu’un million d’emplois pour deux millions d’étudiants, on pourra réformer l’université dans tous les sens, il n’y aura toujours qu’un million d’emplois pour deux millions d’étudiants. Au contraire, en permettant de remplacer des emplois salariés par des places de stagiaires occupées par des étudiants, on ne peut qu’entraîner une hausse du chômage, et sûrement pas l’inverse ! Le chômage n’existe pas à cause des étudiants ou de l’Université[2], mais à cause du patronat et du système capitaliste.

 

- La fin de la valeur nationale des diplômes. C’était une garantie fondamentale : en permettant que chaque diplôme d’un même niveau et d’une même discipline garantisse le même niveau de connaissances, et donc la même reconnaissance au niveau des conventions collectives, un véritable cadre national des diplômes permettrait l’égalité de tous devant le système.

En s’en prenant à la valeur nationale des diplômes, la réforme LMD-ECTS constitue donc un recul à la fois pour les étudiants et pour les salariés.

 

- le désengagement financier de l’Etat. Le désengagement financier de l’Etat maintient la pénurie de moyens (donc de mauvaises conditions d’études), et oblige les facs à se tourner vers d’autres financements : d’une part, celui des régions et des entreprises. Mais également le financement des étudiants : à la rentrée 2004, la hausse des frais d’inscription est de 6,38 % pour les premiers cycles (jusqu’à la licence), et de 34,75 % pour les deuxièmes cycles (master)[3] ! Cette nouvelle augmentation, totalement intolérable, est d’ailleurs passée quasiment inaperçue… Or, d’une part c’est une augmentation très importante, et ensuite elle met en place le principe des études de plus en plus chère suivant le niveau d’études : le but est d’inciter les étudiants à ne pas aller trop loin dans leurs études, en faisant une sélection par l’argent.

 

- l'autonomie. La première étape de cette autonomie remonte à la loi Faure de 1969, qui mettait en place des conseils de gestion propres à chaque université, l’Etat laissant aux profs - avec la « participation » des personnels Iatoss et des étudiants - le soin de gérer la pénurie budgétaire. L’autonomie a été encore renforcée depuis, et un nouveau projet mettant en place encore plus d’autonomie est dans les tiroirs depuis 2003.

L’autonomie des facs, c’est encore plus d’inégalités entre les établissements et surtout entre les étudiants. La but est simple : plus les facs sont autonomes, plus elles sont en concurrence entre elles. Cela rentre dans la logique d’un « marché de l’éducation », où les savoirs ne sont plus considérés comme des biens collectifs à partager, mais comme des marchandises.

Dans le cadre de la décentralisation, c’est l’ensemble des services publics qui sont confrontés à ce type d’attaque visant à casser la cohérence des différents établissements.

 

- la privatisation progressive. L'Université doit être un lieu de création, conservation et transmission de savoirs, indépendant des pressions économiques. Pourtant, que voit-on : stages qui donnent droit à des points « ECTS » (co-attribués par les patrons), sous-traitance au privé dans les facs et les Crous, diplômes « d’entreprise » (Michelin à Clermont-Ferrand, Club Med en région parisienne, etc…), présence de patrons dans les Conseils d’Administrations… Autant de transferts de compétences du public vers le privé, ce qui est la définition de la privatisation. Ce processus vise à mettre fin à l’Université publique, ce qui est contraire aux intérêts des étudiants et des salariés.

Là aussi, ce processus est commun avec de nombreux autres services publics, en france (SNCF, La Poste, EDF-GDF, etc…), en europe, et dans le monde.

 

3- La nécessaire contre-offensive :

 

Face à cette logique, les étudiants et les personnels universitaires doivent se battre, par la grève nationale et des manifestations d’ampleur, pour obtenir l’abrogation de la réforme LMD-ECTS et pour imposer une autre logique :

-         un véritable service public d’enseignement supérieur, totalement gratuit et ouvert à tous (carte d’étudiant = carte de séjour, suppression des frais d’inscription, augmentation des bourses en montant et en nombre) ;

-         entreprises et patrons hors des facs, respect de la laïcité ;

-         refus de l’autonomie des campus ;

-         réengagement financier total de l’Etat, construction de locaux universitaires et de cités-U, embauche massive de professeurs et de personnels Iatoss ;

-         des enseignements de qualité (abrogation des licences professionnelles) ;

-         des diplômes au moins nationaux ;

-         une année universitaire cohérente (abrogation de la semestrialisation) ;

-         des études dirigées vers la formation de l’esprit critique, l’acquisition et la création de savoirs, et pas un bachotage quasi-permanent comme c’est actuellement le cas.

 



[1] Pour : European Credit Transfer System (Système européen de transfert de crédits).

[2] Si l’Etat voulait vraiment « utiliser » l’Université pour faire baisser le chômage, il lui suffirait de créer enfin les milliers de postes de personnels qui manquent dans les facs !

[3] De 141 euros en 2003 à 150 euros en 2004 pour le premier cycle, et de 141 à 190 euros pour le deuxième cycle ! Ceci sans compter la sécurité sociale (180 euros), ni les frais illégaux qui existent sur la plupart des facs (en 2001 les frais illégaux - payés y compris par les boursiers - étaient compris entre 15 francs et 280 francs).

Par Rudi Dutschke - Publié dans : enluttes
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Lundi 22 mai 2006

On entend beaucoup des appels à une union "anti-libérale". Pourtant, il est évident que les mouvements progressistes ont toujours été des luttes pour la liberté. En réalité, ce qui a pris le nom de "libéralisme" ou "libéralisme économique", c'est un courant politique qui défend l'ultra-capitalisme. Ce courant lutte pour une société individualiste, précaire et injuste, ce qui va évidemment à l'encontre de la liberté.

L'ultra-capitalisme va jusqu'au bout de la logique inhumaine du système capitaliste, qui considère les êtres vivants comme des marchandises, comme des objets. On ne peut donc aller à son encontre que par la libération de l'humanité de cette aliénation capitaliste, de ce système violent et destructeur. Ultracapitalisme, capitalisme semi-étatique, capitalisme d'Etat (comme l'étaient les régimes staliniens) : ces variantes du capitalisme génèrent toutes l'oppression et l'inégalité. Il ne servirait donc à rien de vouloir un "autre capitalisme".

Ne nous laissons pas abuser par ce courant ultra-capitaliste qui s'est emparé fallacieusement du terme "libéralisme".
La devise des révolutionnaires de 1789-1794 reste à l'état de projet : "Liberté - Egalité - Fraternité", ces 3 termes ne pouvant être atteints qu'ensemble. La lutte pour ces 3 objectifs passe par l'émancipation conquise collectivement, par l'abolition du mode de production capitaliste, par la construction d'un monde libre et juste, basé sur la mise en commun.

Par Rudi Dutschke - Publié dans : enluttes
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Mercredi 3 mai 2006

Le nouveau projet de loi sur l'immigration vise à fermer toujours plus les frontières françaises aux migrants issus de pays pauvres. Si cette loi passait, elle ne ferait qu'empirer la vie de centaines de milliers de femmes, d'hommes, et d'enfants.

La logique qui guide le gouvernement est clairement la xénophobie. Le terme "immigration subie" fleure d'ailleurs la droite et l'extrême-droite des années 1930...

Il est indispensable de lutter contre cette logique, en grande partie déjà à l'oeuvre, et d'empêcher ce projet de loi.

Libre circulation de tous partout dans le monde ! A bas toutes les frontières et tous les murs !

Manifestation le samedi 13 mai à 15h, place de la République.

http://contreimmigrationjetable.org/

Par Rudi Dutschke - Publié dans : enluttes
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Vendredi 28 avril 2006

A en croire certains permanents syndicaux, et notamment Bernard Thibault en ouverture du congrès de la CGT, l'abrogation du CPE aurait été obtenue par "l'unité syndicale", c'est-à-dire grâce à l'intersyndicale des 12 mous qui s'est contentée, tout au long de la mobilisation, de parler de "journées d'action".

L'unité des centrales syndicales pour le retrait du CPE a certes joué un rôle, mais l'élément déterminant a été la grève étudiante qui a été votée par plusieurs dizaines d'universités avant même le moindre mot d'ordre de grève nationale étudiante.

Ce qui a permis l'abrogation du CPE, c'est la grève étudiante et lycéenne ; c'est l'organisation au sein d'AG démocratiques, de coordinations nationales légitimes. C'est parce que les étudiants ont mené une grève reconductible, parce que cette grève était dirigée par les étudiants eux-mêmes, que le CPE a été retiré.

 

Et c'est parce que les salariés n'ont pas rejoint ce mouvement par la grève générale, que le reste de la loi "égalité des chances" et le CNE n'ont pas été abrogé.

La "tactique" des bureaucraties s'est donc une fois de plus révélée mauvaise et irresponsable.

Bernard Thibault a déclaré le premier jour du congrès de la CGT : "Nous sommes quelques dizaines à diriger la CGT". Quelques dizaines sur des centaines de milliers d'adhérents ! De véritables syndicats utiles et efficaces ne peuvent être dirigés que par l'ensemble des militants.

Le problème, ce n'est évidemment pas Bernard Thibault ni les personnes qui dirigent la CGT : c'est le fait que la tactique qu'ils défendent est mauvaise, et on l'a bien vu au moment du mouvement contre le CNE : la manifestation du 4 octobre 2005 n'avait amené aucun résultat concret.

 

Il faut en finir avec les pratiques anti-démocratiques des directions des centrales syndicales, et passer à une tactique de lutte démocratique et de masse.

Par Rudi Dutschke - Publié dans : enluttes
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Dimanche 23 avril 2006

Dans le mouvement contre le CPE/CNE et contre la précarité, on a bien vu l'absence d'un véritable syndicat étudiant national. Alors que la coordination nationale - légitime puisque étant l'émanation démocratique des AG - avait exigé la démission du gouvernement, aucune structure d'importance n'a repris, expliqué et popularisé cette évolution dans la mobilisation.

Comme l'écrivait Chris Marker : "les pouvoirs nous voudraient sans mémoire". C'est pourquoi les étudiants doivent prendre en main collectivement et démocratiquement leurs affaires et leur mémoire.

Téléchargez par exemple les "Bases Fondamentales du Syndicalisme Etudiant", que vous soyez ou non militant syndical !

L'émancipation des étudiants doit être l'oeuvre des étudiants eux-mêmes !
Pour une Université de service public, gratuite, laïque et ouverte à tous !

Par Rudi Dutschke - Publié dans : enluttes
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Lundi 17 avril 2006

Texte de février 2001, toujours d'actualité !

Une seule UNEF : celle du MEDEF

Le gag commence à être usé. Depuis quelques années, on nous annonce tous les six mois la réunification entre l’Unef-se et l’Unef-id (organisations nées de la scission de l’Unef en 1971), et cette fusion est à chaque fois repoussée.

Mais cette fois, c’était sûr : la réUNEFication allait avoir lieu mi-décembre 2000, les nouveaux bacheliers se voyant dès le mois de juillet proposer des coupons pour être membres de la future organisation unique. L’Unef-id devait alors prononcer sa dissolution début décembre - ce qui était bien pratique pour échapper aux poursuites judiciaires dans l’affaire de la MNEF (pour des salaires fictifs versés à plusieurs des membres du Bureau National). Tout allait donc très bien, un seul détail restait à régler : le congrès de l’Unef-se d’avril 1999 ayant voté à une large majorité contre la réunification, il fallait organiser un congrès extraordinaire histoire de faire semblant de respecter la démocratie.

 Chérie, j'ai rétréci la démocratie !

Cela eut lieu les 11 et 12 novembre 2000, à Orsay. Et, à la surprise générale, ce congrès s'est prononcé contre la réunification. Ce ne fut qu'un des épisodes burlesques d'un congrès digne des Monty Python : la direction de l’Unef-se repoussant l’ouverture du congrès en fin d’après-midi, cela pour avoir le temps d’invalider les mandats de certains délégués opposés à la réunification, un délégué parlant à la tribune de "sabotage", "manipulations" et "coups de force" de la part du Bureau National, ce dernier arrêtant le congrès avant d'être réélu, voyant bien qu'il n'avait pas la majorité (provoquant ainsi la colère de nombre de délégués, dont certains refusèrent un moment de quitter la salle).

Le congrès commun prévu à Paris s'est ainsi trouvé transformé en lieu de débats informels. Cette réunion a été un échec, réunissant peu d'étudiants, de fortes divergences apparaissant entre les différentes parties, certains membres de l'Unef-id n'hésitant pas à plaider pour un rapprochement entre les facs et le Medef (groupement des patrons), montrant ainsi leur haute estime du principe de service public.

 

Aujourd’hui, les bureaux nationaux sont tout deux fragilisés (voire illégitime dans le cas de l’Unef-se). Même si la réunification est désormais prévue pour mai 2001, on assiste en réalité à un pourrissement général de la situation. Faut-il s’en plaindre ?

 Des motivations essentiellement politiciennes

Pour répondre à cette question, examinons les raisons de cette réunification. Tout comme la scission originelle avait des motifs purement politiques, c'est en raison d'une volonté du PC et du PS que tout ceci a commencé. En effet, et toujours dans la démarche de "gauche plurielle", le PS voit là un moyen idéal pour s'assurer une hégémonie sur les facs, et le PC - très affaibli - un moyen de sauver les meubles. La future organisation réunifiée n'a pas vocation à être un outil d'expression et d'action pour les étudiants (ce que doit être un syndicat étudiant), mais une centrale cogestionnaire, instrumentalisée par des groupes politiques. Pour preuve, examinons l'état actuel de l'Unef-id, qui sera le modèle de fonctionnement de la future centrale.

 Unef se + id = Unef séides

Dans un texte de 1999 signé par pas moins de 66 adhérents de l’Unef-id (dont deux membres du bureau national), il est indiqué que l’Unef-id “ n’agit que pour promouvoir ses propres intérêts et prive les étudiants de toute responsabilité concrète en les soumettant à la domination d’une équipe restreinte de professionnels ”. Il est exact qu’en faisant croire à la toute-puissance des conseils d’université, et en faisant tout pour étouffer toute tentative des étudiants d’instaurer un rapport de force (Assemblées Générales, actions concrètes...), l’Unef-id est aujourd’hui un obstacle pour les revendications étudiantes. En apportant son soutien aux réformes qui remettent en cause le service public de l’université (récemment celles de Bayrou et d’Allègre, poursuivies par Lang), l’Unef-id sert de courroie de transmission du gouvernement et contribue à faire accepter des reculs considérables (par exemple la semestrialisation, qui n’a pour intérêt que de s’aligner sur le “ modèle ” anglo-saxon). On en est arrivé à un tel niveau que la direction de l’Unef-id a jugé opportun de poser cette question lors de son dernier congrès (mai 1999) : “ Reste-t-il des divergences avec la FAGE ? ” (la FAGE étant la fédération des corpos). En effet, on se le demande.

En tout cas, il est clair que l’Unef-id a tourné la page syndicale au profit d’une ligne néo-corporatiste mieux vue des gouvernements, donc plus avantageuse pour les dirigeants et leur future carrière politique. Mais derrière une volonté d’hégémonie et un triomphalisme affiché, la réalité est toute autre : l’Unef-id n’est absolument pas une organisation de masse, son nombre d’adhérents est au contraire en baisse constante : 0,3 % des étudiants officiellement, sûrement moins en réalité. Reste un réseau de bureaucrates se tirant dans les pattes pour des querelles d’appareils, et bien sûr les célèbres pratiques maffieuses : outre la mise en examen de l’Unef-id et de la plupart de ses anciens dirigeants dans l’affaire de la MNEF, citons aussi l’annulation des élections au CNESER de 1998 pour cause de fraude massive de la part de l’Unef-id. Détournement de fonds destinés à la santé des étudiants et fraude électorale : une certaine idée de l’indépendance et de la démocratie.

Quand l’Unef-id fait boum

Au cours d’un Collectif National au mois d’octobre (le seul de tout le semestre, c’est dire l’activité intensive qui règne à l’Unef-id), la tendance majoritaire (dirigée par des membres de la Gauche Socialiste, un courant du PS) a éclaté en trois tendances, principalement en raison du congrès du PS qui avait lieu le mois suivant. L’Unef-id, qui était divisée en trois tendances, en est maintenant à cinq tendances : quatre dirigées par différents courants du PS, et une par des membres de la LCR. Et cela ne pourra qu’augmenter dans le cas d’une réunification : la direction de l’Unef-se (contrôlée par des membres du Parti Communiste) n'acceptera certainement pas de s’affilier à un courant du PS, et créera donc probablement sa propre tendance. De plus, l’Unef-se Nantes, dont le départ vers l’Unef-id est probable, a déjà annoncé qu’elle ne rejoindra aucune des tendances existantes... Bientôt l’Unef-id divisée en sept ? La situation est claire : pendant que le service public de l’université est attaqué, certains groupes politiques passent leur temps à se battre pour tenir une fraction du gouvernail d’un rafiot en train de couler.

Du côté des syndicats…

Lors du dernier congrès, les syndicats de lutte encore présents à l’Unef-se ont cherché à rassembler le plus de sections possibles, et ont tenu une ligne réduite à l’opposition au Bureau National et à la réunification. Si le report de la réunification a été obtenu, ce vote ne fait que repousser le problème, et n’arrange rien à la crise de structure que traverse le syndicalisme étudiant depuis les grèves de novembre et décembre 1995. Au sein de l'Unef-se, les chefs de file de l’opposition étaient Limoges et Caen, aujourd’hui partis créer Solidarité Etudiante et la Fédération Syndicale Etudiante. Il y a donc une importante division des syndicats en de nombreuses petites structures (FSE, SE, ASL, certaines sections de l'Unef-se et de SUD, etc…), alors que seule une structure nationale pourrait permettre d’informer correctement les étudiants et de les aider à obtenir la satisfaction de leurs revendications premières, à savoir de bonnes conditions d’étude, la valeur des diplômes, en théorie garanties par le service public de l’université.

 

Parce que c’est primordial - y compris pour la société dans son ensemble - il faudra des militants pour obtenir cela. En effet, loin des manœuvres politiciennes, l’union des étudiants dans la lutte n’est pas seulement indispensable : elle est possible.

Par Rudi Dutschke - Publié dans : enluttes
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Lundi 17 avril 2006
Par Rudi Dutschke - Publié dans : enluttes
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