A en croire certains permanents syndicaux, et notamment Bernard Thibault en ouverture du congrès de la CGT, l'abrogation du CPE aurait été obtenue par "l'unité syndicale", c'est-à-dire grâce à l'intersyndicale des 12 mous qui s'est contentée, tout au long de la mobilisation, de parler de "journées d'action".
L'unité des centrales syndicales pour le retrait du CPE a certes joué un rôle, mais l'élément déterminant a été la grève étudiante qui a été votée par plusieurs dizaines d'universités avant même le moindre mot d'ordre de grève nationale étudiante.
Ce qui a permis l'abrogation du CPE, c'est la grève étudiante et lycéenne ; c'est l'organisation au sein d'AG démocratiques, de coordinations nationales légitimes. C'est parce que les étudiants ont mené une grève reconductible, parce que cette grève était dirigée par les étudiants eux-mêmes, que le CPE a été retiré.
La "tactique" des bureaucraties s'est donc une fois de plus révélée mauvaise et irresponsable.
Bernard Thibault a déclaré le premier jour du congrès de la CGT : "Nous sommes quelques dizaines à diriger la CGT". Quelques dizaines sur des centaines de milliers d'adhérents ! De véritables syndicats utiles et efficaces ne peuvent être dirigés que par l'ensemble des militants.
Le problème, ce n'est évidemment pas Bernard Thibault ni les personnes qui dirigent la CGT : c'est le fait que la tactique qu'ils défendent est mauvaise, et on l'a bien vu au moment du mouvement contre le CNE : la manifestation du 4 octobre 2005 n'avait amené aucun résultat concret.
Il faut en finir avec les pratiques anti-démocratiques des directions des centrales syndicales, et passer à une tactique de lutte démocratique et de masse.